À celles et ceux qui commémorent Pierre Guyotat !

À la mort de Pierre Guyotat, on a vu fleurir les hommages, différents médias saluant la mémoire de l’écrivain « doux subversif » pour France Culture, écrivain « hanté par la chair » pour Le Monde, les réseaux dits sociaux relayant les articles, à coup de partages, retweets ou autres pratiques, on a vu les couvertures inonder les profils des lecteurs et lectrices jusqu’aux écrivain.es.

On est bien sûr revenu sur son œuvre, son écriture – d’autres diront style –. En 1962, alors qu’il faisait partie des malheureux appelés de la Guerre d’Algérie, il fut arrêté par la Sécurité Militaire, interrogé pendant plus de 10 jours. Inculpé surtout pour atteinte au moral de l’armée, complicité de désertion et de possession de livres et de journaux. Peut-être n’est on pas revenu assez sur cet épisode. On a un peu partout évoqué la censure dont il fut l’objet, plus particulièrement son Éden, Éden, Éden (1970, Gallimard), Raymond Marcellin, ministre de l’Intérieur (de 1968 à 1974) en prohibe l’affichage, la vente aux mineurs et la publicité.

À celles et ceux qui rendent et qui ont rendu l’hommage qu’il méritait à Guyotat, celui qui a donc subi la répression policière et militaire, tous et toutes, dans ce même élan, il nous faut soutenir, et appuyer Ludovic Bablon emprisonné 5 mois l’an dernier pour une soi-disant « apologie du crime ». La justice a encore 6 chefs d’accusation contre lui. Il a subi trois perquisitions, ses ordinateurs et ses clés USB ont été confisqués.

Je vous parlais dans la dernière vidéo de la domestication de l’art, la voilà la domestication bien à l’œuvre, et qui s’attaque sans merci à l’écrivain, l’artiste qui réellement agit, et c’est bien cette réaction de la justice et de la police qui nous montre et nous trace la voie, celle de Guyotat en son temps, celle de Ludovic Bablon aujourd’hui.

Pour ne pas être de ceux et celles qui viennent après la bataille, pour perpétuer la mémoire de Guyotat, soutenons tous et toutes Ludovic Bablon ! Dès maintenant !

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Posté le 11 février 2020 par ahmedslama
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